284_toulouse_el-puerto-de-la-daurade

Le Port de la Daurade

La Daurade est un ancien port fluvial, transformé en un paisible espace vert : des arbres pour s’adosser à l’ombre, des pelouses pour s’allonger ou pique-niquer, des jeux pour enfants, une terrasse pour boire un café, et les berges pour admirer la Garonne (on peut, à pied ou en vélo, les emprunter sur 32 kilomètres).              

Des pêcheurs de sable

Le lieu est chargé d’histoire : la buvette, par exemple, est installée dans l’ancienne morgue des noyés, où les corps repêchés étaient exposés à la vue des passants pour être identifiés.

Elle s’appelle « Pêcheurs de Sable » : j’aime particulièrement ses sandwiches, et son esprit « guinguette » (elle organise régulièrement sur sa terrasse des concerts jazzy).

Les pêcheurs de sable, dans leurs longues barques à fond plat, remontaient, avec une pelle en forme de sarcloir, le sable qui s’amassait en bacs au milieu du fleuve, ils le déchargeaient sur le quai, pour qu’il sèche avant d’être vendu aux entrepreneurs, qui venaient le chercher dans des carrioles tirées par des chevaux : il fallait remonter la rampe « d’en bas de Garonne » jusqu’à la rue. Leur activité a disparu au début du XXe siècle.

Remonter à la source

J’aime m’installer dans un coin, sur la berge ou sur un banc, à l’ombre d’un saule ou d’un érable, avec un journal ou un livre (je viens d’y terminer Noir septembre, d’Inger Wolf, un polar danois paru chez Mirobole, que je vous conseille), les bruits de la rue, là-haut, sont étouffés par les cris des mouettes, et par ceux des enfants, quand, à dos de poissons, ils se lancent à l’abordage de leur gabarre échouée sur le sable.

La gabarre est un bateau traditionnel de transport de voyageurs et de marchandises.

Les bancs sont en grès des Pyrénées, le quai et les allées, en galets récupérés dans la Garonne, les murs datent de Louis XV : ils viennent tout juste d’être restaurés (on a remplacé les briques une par une !). Une source souterraine coule sous La Daurade : le soir, un éclairage la suit dans son lit.

Une vierge noire

On imagine que ce port s’appelle La Daurade à cause du poisson, mais non : il trouve son nom dans les dorures (daurada, en occitan) de Notre-Dame de la Daurade, qui surplombe le port et surveille la Garonne d’un regard bienveillant.

On y trouve de la fraîcheur, des plafonds peints et une superbe vierge noire.

Jadis, un pont couvert enjambait la Garonne pour relier La Daurade à l’hôpital Saint-Jacques du Bout-du-Pont, juste en face : ils appartenaient tous les deux aux Bénédictins.

Le pont a été remplacé, au début du XVIIe siècle, par le Pont Neuf, qui existe toujours, l’hôpital Saint-Jacques est devenu le siège des Hôpitaux de Toulouse, et le dôme de cuivre de la chapelle Saint-Joseph (XVIIIe siècle), juste derrière, continue de dépasser tout le monde d’une bonne tête.

Des bateaux-lavoirs

Sur le port, étaient amarrés des bateaux-lavoirs, qui apportaient une grande animation : ils étaient fort utiles avant l’arrivée des machines à laver !

Les blanchisseuses professionnelles, qui habitaient rue des Blanchers, descendaient avec de grands paniers, le port se couvrait d’étendoirs pour que, sous le soleil et secoué parle vent, le linge sèche rapidement. Les rues du quartier témoignent de son passé : la rue Peyrolières, empruntée tout à l’heure, tire son nom des chaudronniers (les payroles sont des chaudrons) qui travaillaient aux côté des fondeurs de cloches et les armuriers (dans la rue Balestrières logeaient  des fabricants d’arbalètes, et des fabricants de gilets avaient colonisé la rue des Giponiers).

Retenez bien toutes ces anecdotes : pour embrasser son amoureuse, il faut parfois, même sur le romantique quai de la Daurade, lui raconter d’abord quelques histoires …

 

Ecrivez votre avis

Partager


DERNIERS AVIS SU CET ENDROIT

Tous les champs sont obligatoires

Votre expérience est précieuse pour les autres voyageurs. Merci!

Your email address will not be published. Required fields are marked *


Certains recoins similaires


Davantage de recoins en Toulouse