165_venecia_el-lido-fuera-de-temporada

Le Lido: la plage des Vénitiens

Cela semble incroyable, en se promenant le long de la plage du Lido en hiver, de la voir déserte et silencieuse avec pour seul bruit celui du ressac lorsque la succession de vagues se brise et atteint le rivage.

Un charme particulier que celui des longues files de cabines fermées en attente de la prochaine saison estivale et des grandes dunes de sable dressées telles des barrières de défense contre l’assaut des tempêtes.

Le littoral sableux recouvert de coquillages et d’épaves de toutes sortes portés par la mer, rien de tout ça ne peut rendre compte du spectacle qui s’y déroule en été, avec les baigneurs de tous âges qui prennent le soleil, se jettent à l’eau et les enfants insouciants sur la plage de sable.

La plage du Lido de Venise est depuis toujours la plage des Vénitiens, et excepté quelques rares touristes, les divers établissements sont fréquentés par des familles entières ou des groupes d’amis qui louent une “cabane” pour la saison estivale.

Une petite maisonnette, autrefois en bois, est aujourd’hui quasiment entièrement construite avec des matériaux plastiques, constituée d’une véranda avec une tente jointe à la structure fermée et équipée d’une table, de chaises, d’un lit d’appoint, de transats où les Vénitiens arrivent le matin pour y passer les journées chaudes de l’été et ne rentrer chez eux qu’après le coucher du soleil.

Le spectacle étrange, pour qui n’habite pas la ville, commence au premier jour de juin, date d’ouverture des établissements balnéaires pour l’été, lors duquel un grand nombre de citadins, à bord des “vaporettos”, se dirigent vers le Lido traînant des chariots pleins de tout ce qui peut servir à la mer : parasols, chaises pliables, jouets pour les enfants, nappes, palmes et autres.

On a presque l’impression d’assister à la migration d’un peuple. Et d’une certaine façon, ça l’est.

Une migration qui commence à l’inauguration de la saison balnéaire de chaque année et qui se répète, en sens inverse mi-septembre lorsque les établissements balnéaires ferment leurs portes durant la période hivernale.

C’est ici, pendant tout l’été, que les Vénitiens passent leurs journées comme le faisaient leurs ancêtres au début du XXᵉ siècle ; il s’agit presque d’un déménagement diurne dans une maison à la mer avec des rythmes toujours identiques depuis des décennies.

Tôt le matin, arrivent les mamans ou les grands-parents qui emmènent les enfants à la mer avant qu’il ne fasse trop chaud.

Plus tard, arrivent les autres femmes de la maison, qui après avoir fait les courses, apportent à manger pour tout le monde, souvent chargées de la nourriture préparée le matin à la maison.

Vers midi, beaucoup de maris, ceux qui peuvent faire une longue pause déjeuner, arrivent à la plage pour ensuite retourner travailler tandis que les mamans et les plus petits sont déjà rentrés à la maison.

Puis, la plage se plonge dans le silence, interrompu uniquement par quelques pleurs ou cris d’enfants : c’est l’heure du repos en attendant de pouvoir se baigner un peu plus tard.

Ensuite, vers le milieu de l’après-midi, une foule toujours plus dense de personnes s’adonne à ce rituel du bain qui interrompt la monotonie des longs après-midi estivaux à la recherche, lors des journées caniculaires, d’un peu de fraîcheur.

Quand le soleil commence à décliner et devient plus supportable, nombreux sont ceux qui sortent les tables hors de la cabane et qui commencent d’interminables parties de cartes et jeux pour les enfants, qui se prolongeront jusqu’au retour à la maison, moment interrompu par l’immanquable rendez-vous de l’apéritif : un verre de prosecco frais ou un spritz.

Et cette assiduité quotidienne et répétitive est la même que dans mes souvenirs d’enfance ; elle est celle répétée récemment avec mes enfants et que je constate encore aujourd’hui inchangée.

Ecrivez votre avis

Partager


DERNIERS AVIS SU CET ENDROIT

Tous les champs sont obligatoires

Votre expérience est précieuse pour les autres voyageurs. Merci!

Your email address will not be published. Required fields are marked *


Certains recoins similaires


Davantage de recoins en Venise