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Campo Pisano : Gênes entre histoire et légende

Été 1284. Les flottes de Gênes et de Pise s’affrontent par une étouffante journée d’août au large des côtes toscanes entre Pise et Livourne, près des hauts-fonds de la Meloria. L’issue de la bataille donnera un tournant décisif au contrôle maritime italien, avec Gênes qui voit ses étendards prédominer sur les ennemis détestés. Mais pour la république maritime ligure, la victoire ne suffit pas ; des milliers de prisonniers pisans sont alors transportés juste en dehors de la ville de Gênes, sous les remparts. Et c’est ici qu’on les laisse mourir, par milliers, sans vivres.

C’est de cette histoire tragique que vient le nom « Campo Pisano » donné à une place attrayante à quelques pas des bars et des restaurants du centre historique. La place, refaite à neuf au début du 20e siècle, est devenue le cœur d’un parcours touristique entre histoire et goût, parce qu’autour d’elle s’est développé un ensemble de restaurants, de bars et de locaux où les jeunes Génois aiment passer leur temps libre. Dès que vous entrez dans Campo Pisano, pourtant, pas loin du centre animé, vous respirerez un air complètement différent. Les personnes sensibles se plongeront facilement dans un monde séculairement lointain, imaginant les troupes de la république de Gênes qui entrent victorieuses dans la ville, laissant hors des remparts des milliers de prisonniers. À quelques mètres de la place, une arche du pont de Carignan dépeint un lieu complètement différent.

Ici se trouvait toute une partie du centre historique, qui se développait autour de la rue Madre di Dio. La zone, lourdement bombardée pendant la Deuxième Guerre mondiale, fut rasée dans l’après-guerre afin de faire place à des jardins et au nouveau centre de direction, où cohabitent bureaux, magasins et institutions locales. L’extrême différence entre les deux parties de l’arche est unique, et ressemble à une fenêtre sur le temps. Lors de la destruction du quartier, même la maison natale de Niccolò Paganini, célèbre violoniste des 18e-19e siècles, a été démolie. Mais les Génois n’ont pas oublié cette histoire et, juste au-dessus de la zone, une plaque commémorative a été déposée, énonçant d’un ton péremptoire : « Pour avoir fait honte aux vivants, et pour avertir les prochains, comme on le faisait aux temps de la glorieuse république de Gênes, nous dédions cette “colonne infâme” à l’avidité des profiteurs et aux faiblesses coupables des gouvernants de notre ville ».

Laissez à présent derrière vous les histoires légendaires de Campo Pisano, et parcourez à nouveau la crêuza (rue montante carrelée de briques, typique de la Ligurie) qui vous ramène place Sarzano. Là, vous pourrez trouver des bars, des bistrots et un petit marché où goûter les spécialités locales. Si vous aimez l’histoire, il suffit de demander. La rue s’élargit, laissant paraître en son centre le puits de Giano Bifronte, qui, selon la légende, serait le fondateur de la ville – d’où le nom Gênes. Le musée de Sant’Agostino saura vous fasciner avec ses sculptures, mais surtout, le calme du cloître vous offrira la photo parfaite pour votre première étape génoise !

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