Bordeaux en perspective

Bordeaux, ville de plaine établie principalement sur la rive gauche de la Garonne, est difficile à embrasser d’un seul regard. Il existe pourtant quelques endroits depuis lesquels on a un point de vue assez large sur Bordeaux. Voici le mien.

Certains vont dîner aux beaux jours sur la terrasse d’un restaurant de Bouliac parce que le chef est excellent et qu’ils peuvent admirer Bordeaux depuis cette commune de la rive droite de la Garonne qui surplombe le fleuve. Mon endroit préféré est beaucoup plus secret. Il faut être initié pour le découvrir et on y jouit d’un calme fabuleux pour contempler Bordeaux.

Cet endroit unique d’où j’aime admirer Bordeaux, c’est le cimetière Saint-Romain, sur les hauteurs de Cenon , une autre commune de la rive droite de la Garonne. Je connais ce cimetière de longue date puisque mes grands-parents maternels y sont enterrés. Battu par les vents, il abrite aussi une église néogothique où mes parents se sont mariés et où j’ai été baptisée. Mon histoire personnelle est liée à cet endroit. Depuis le plateau où se trouve l’église, on emprunte des allées à pic où les pierres s’éboulent sous les pas. Bordées par des rangées de caveaux, elles mènent à une rambarde en fer qui partage le cimetière en deux. C’est là que je m’arrête et je m’accoude sur le garde-corps pour identifier les immeubles de Bordeaux dont la silhouette est estompée par une brume bleutée. A cette distance, la ville devient irréelle et ressemble à une maquette. Curieusement, la Garonne est cachée entre la frange des immeubles de la rive gauche et de la rive droite.

De là, Bordeaux se trouve entre parenthèses entre deux immeubles contemporains, massifs et hauts : à gauche, l’hôpital appelé Tripode à cause de ses trois ailes et, à droite, le bâtiment carré de Bordeaux Métropole où sont traitées les affaires de l’agglomération bordelaise. Au premier plan, c’est la silhouette effilée, en pierre blonde de l’église Sainte-Marie de la Bastide qui s’affiche.

Derrière se profile l’enfilade des quais XVIII ème qui paraît bien modeste, à l’échelle du Tripode. Un peu à gauche, elle est interrompue par la Porte Cailhau dont je ne me lasse pas d’admirer les tourelles pointues recouvertes d’ardoise. Les flèches élancées de la cathédrale Saint-André et de la Tour Pey-Berland surmontée d’une statue dorée émergent de l’ensemble du paysage. En regardant plus attentivement, je distingue d’autres bâtiments comme les coupoles du nouveau palais de justice construit par Norman Foster.

Quand je me rends au cimetière avec ma cousine, nous ne manquons pas de nous livrer à ces jeux de reconnaissance et d’identification du patrimoine de Bordeaux. C’est une tradition familiale.

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